Les portes et la mémoire
Avez-vous déjà traversé une porte et immédiatement oublié ce que vous étiez sur le point de faire ? Ce phénomène, connu sous le nom d'"effet de la porte", a été étudié par des psychologues pour comprendre comment les portes dans les environnements construits peuvent influencer la mémoire. Selon les recherches, franchir une porte crée des limites mentales entre différents événements, rendant plus difficile pour notre cerveau de retrouver des souvenirs formés avant de traverser le seuil.
Ce trou de mémoire se produit parce que le cerveau associe différents espaces à différents ensembles de souvenirs. Lorsque nous passons une porte, le contexte change, et notre cerveau "met à jour" l'environnement. Ce changement interrompt le processus mental, nous laissant souvent incapables de nous rappeler ce que nous avions prévu ou à quoi nous pensions. Dans une étude menée par Radvansky et al. (2011), les participants ont trouvé qu'il était significativement plus difficile de se souvenir des tâches qu'ils s'étaient fixées après avoir franchi des portes que lorsqu'ils restaient dans la même pièce.
D'un point de vue architectural, l'effet de la porte suggère que les transitions entre les pièces ne servent pas seulement des objectifs pratiques, mais influencent également les processus cognitifs. Les designers et architectes peuvent utiliser cette connaissance pour créer des espaces qui favorisent ou découragent la compartimentation des pensées, en fonction de la fonction souhaitée de l'espace.
Références :
Radvansky, G. A., Krawietz, S. A., & Tamplin, A. K. (2011). Walking through doorways causes forgetting: Further explorations. The Quarterly Journal of Experimental Psychology, 64(8), 1632–1645.